MAJ le 17/08/2026
Contexte historique au 16e et au 17e siècles
La paix d’Augsbourg, signée le 25 septembre 1555, intervient après plusieurs décennies de conflits religieux et politiques dans le Saint-Empire romain germanique, déclenchés par la Réforme initiée par Martin Luther en 1517. (Elle établit le principe « cujus regio, ejus religio » permettant à chaque prince du Saint-Empire romain germanique de choisir entre catholicisme et luthéranisme pour son territoire et ses sujets.)
La Réforme alimente les tensions entre États catholiques et protestants en Europe et aboutit à un profond clivage religieux au début du 17e siècle. Les princes allemands protestants se coalisent et créent l’Union évangélique en 1608. En réaction, les États allemands catholiques fondent en 1609 la Sainte Ligue Catholique.

Johann Casimir, comte de Pfalz-Zweibrücken (Palatinat-Deux-Ponts), émissaire de l’Union évangélique auprès du roi de Suède en 1613
Pourquoi le roi de Suède ?
Les princes protestants recherchent l’appui d’un puissant monarque pour contrer leur ennemi déclaré, les Habsbourg, régnant sur l’Espagne, l’Autriche et les Pays-Bas.
Initialement, l’espoir des princes protestants repose sur Henri IV de France, mais sa conversion au catholicisme en 1593 et le traité de paix qu’il signe avec l’Espagne en 1598 sont des coups très rudes pour eux. L’assassinat d’Henri IV en 1610 clôt définitivement cette voie. D’autre part, les négociations pour une aide financière avec Elisabeth 1ère d’Angleterre ne se concrétisent pas.

Finalement, l’Union évangélique se tourne vers Gustav II Adolf, roi de Suède depuis 1611 et de confession luthérienne.
Elle décide, en 1613, d’envoyer le jeune Johann Casimir, fils du duc de Deux- Ponts, en émissaire auprès du roi de Suède pour le gagner à leur cause.
Pourquoi Johann Casimir ?
La branche des Pfalzgraf (Pfalz-Zweibrücken, Pfalz-Veldenz et Kurpfalz bey Rhein à Heidelberg) fait partie de la maison des Wittelsbach, une des plus anciennes d’Allemagne (1180). Les « Pfalzgraf bey Rhein » sont l’une des sept familles princières à posséder la dignité d’électeur (qui élisent l’empereur). Ce statut –qui rejaillit sur la branche de « Pfalz-Zweibrücken»- leur confère un rang des plus éminents dans l’aristocratie du Saint Empire. Il a pour conséquence que les « Pfalzgraf » se sont fortement engagés politiquement et comptent parmi les meneurs du parti protestant dans le St Empire.
Johann Casimir, fils du duc de Pfalz-Zweibrücken, a bénéficié d’une éducation recherchée. Très jeune il a vécu dans les cours prestigieuses de la Renaissance. Il a beaucoup appris de ses nombreux et lointains voyages. Sa soif de connaissances en a fait un prince très instruit et polyglotte.
Il a grandi dans un environnement d’intenses activités politiques et est parfaitement au courant de la situation conflictuelle. Il a aussi été initié aux questions militaires.

Johann Casimir possède, en outre, un riche carnet d’adresses hérité de sa mère, comprenant les plus éminentes maisons princières de l’époque : empereur allemand, familles régnantes d’Espagne, de France, de Pologne, de Mantua et de Toscane !
De plus, Johann Casimir n’est pas un inconnu au palais royal à Stockholm ; un lien de famille existe déjà, un parent de Johann Casimir ayant épousé, en 1563, une tante de Gustav Adolf.
En contrepartie, les princes protestants misent sur l’opportunité que représente, pour la Suède, de rompre son isolement par ce rapprochement avec l’Europe protestante
Le 17e : un siècle de guerres.
Les conflits entre l’Union évangélique et la Ligue catholique débouchent sur la guerre de Trente Ans, qui déchire l’Europe de 1618 à 1648, avec l’Allemagne comme principal champ de bataille. L’Alsace (allemande à l’époque) et le Palatinat, en sortent ruinés et leurs populations décimées.
Notre territoire commence à peine à se relever lorsque débutent les guerres de conquête de Louis XIV, qui aboutissent à l’annexion de l’Alsace. Le passage incessant des troupes ravage à nouveau notre région.

Carte des états européens et des religions au 17e siècle.
L’Alsace faisait partie du Saint-Empire germanique. L’Allemagne n’est à l’époque qu’un ensemble hétéroclite d’états, de principautés et de villes.
Question :
Sais-tu qu’à l’époque, tous les déplacements se faisaient à pied ou à cheval ?
À ton avis, combien de temps a-t-il fallu à Johann Casimir pour aller en Suède ?
Birlenbach – Stockholm : 1350 km ; distance quotidienne à cheval : 45 km
Réponse : environ 30 jours