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5 – Du Hanenburg au Catharinenburg

Catharinenburg est construit sur le site d’un ancien château médiéval. Ce château « Hanenburg » est mentionné dans le plus ancien document d’archives daté de 1298. 

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Les villages de Birlenbach et Trachenburg appartenaient à la seigneurie de Ribeaupierre, qui les donnait en fief aux chevaliers de Dahn. Une branche de cette famille résidait au château jusqu’au 15e siècle. En 1550, ses fossés servent encore d’étangs à poissons.

En 1618, des fondations de l’ancien château ont été dégagées sur une longueur de 14,50 m et une vingtaine de pierres taillées en bon état ont été réutilisées pour la construction du Catharinenburg.

La conception

La conception du Catharinenburg est l’œuvre de Johann Casimir. L’esprit architectural, très moderne pour l’époque, est le fruit des voyages du jeune comte en Europe, en France plus particulièrement.

Le plan de masse s’inscrit dans un système très géométrique. Les bassins d’eau, le jardin et les vergers constituent l’écrin des bâtiments.

L’ensemble s’étend sur 190 m du nord au sud. Le château et sa ceinture d’eau forment un carré de 60 m de côté.

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S’il conserve quelques éléments défensifs – douves, pont-levis et canonnières – son architecture est élégante et sobre.

La construction du château

Le chantier démarre à la fin de 1618. La cérémonie de la pose de la première pierre a lieu le 12 avril 1619, jour anniversaire de Johann Casimir. La première phase des travaux concerne la partie est du corps central.

Le comte sollicite sa parenté pour la fourniture du bois (poutres, planches, bois de chauffage). Les pierres de grès sont prélevées dans les carrières proches des Vosges du Nord. Un four à chaux, ainsi qu’une tuilerie, sont installés à côté du chantier pour produire sur place chaux, briques et tuiles. Certains matériaux (ardoise, bois de construction) en provenance du Palatinat arrivent par péniche à Lauterbourg ou Munchhausen.

Tout est rigoureusement planifié par le Pfalzgraf. Ses sujets (les gens de ses domaines) doivent effectuer des jours de “corvée“ pour aider aux travaux manuels sur le chantier : déblayer, faire du bois. Les habitants de Birlenbach, de Keffenach, de Hoffen, de Hunspach et de Neucastel sont réquisitionnés avec chariots et attelages pour acheminer les matériaux : bois, pierre ou encore sable.

Le chantier avance rapidement. Le couple princier emménage dans la partie est le 21 janvier 1621, en plein hiver, alors que la partie ouest est encore en travaux.

Les originalités

Contrairement aux châteaux français, Catharinenburg remplit à la fois trois fonctions : administrative, représentative et résidentielle.

Le chantier du Catharinenburg a représenté :

– 1 922 blocs de grès taillés sur une face

– 610 gros blocs taillés sur deux faces

– 640 000 briques (pour les voûtes), cuites sur place

– 900 dalles de corniche

– environ 1 000 pierres taillées pour les encadrements de fenêtres et de portes

– 6 000 charretées de pierres pour la maçonnerie

– des milliers de troncs d’arbres pour le bois de construction (poutres, planches)

De novembre 1618 à la fin de 1619, les voituriers de Birlenbach, Keffenach, Hoffen et Hunspach effectueront 5 240 transports de matériaux.

Les voituriers sont les conducteurs de charrettes attelées par des chevaux.

De nombreux corps de métier interviennent sur le chantier : terrassier, maître de digues, tailleur de pierre, maçon, charpentier, menuisier, chaufournier, tuilier, briquetier, forgeron, cloutier, vitrier, serrurier, poêlier, couvreur, ferblantier, paveur, jardinier, puisatier.

On raconte que le Catharinenburg avait autant de fenêtres que de jours dans l’année. À toi de vérifier en comptant les fenêtres et les lucarnes dans l’application mobile Catharinenburg !

La grande salle

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Innovation technique

C’est la pièce la plus importante, le cœur du château, qui se situait ici même, au premier étage.

Pour placer une salle de ces dimensions (14,5 m × 9,75 m) sans piliers de soutien qui gâcheraient l’ensemble, Johann Casimir a recours à une armature à clés pendantes. Ce système est composé de poinçons qui relient le plafond, en plusieurs endroits, à la charpente située près de 10 mètres plus haut : une prouesse technique pour l’époque !

Annotations fléchées sur l’illustration schématique 

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– Toiture à l’impériale du pavillon ouest

– Poinçon d’environ 11 m de long

– À l’étage, les colonnes sont intégrées dans les cloisons des pièces.

– Grande salle (1er étage)

– Plancher

– Plafond

– Appartements et chambres (2e étage)

Une résidence confortable à cette époque

La disposition des pièces est très moderne pour l’époque en Allemagne ; de même, les escaliers à rampe sur rampe à deux volées rompent avec le traditionnel escalier à colimaçon.

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Légende du plan miniature

Le château est constitué de différentes ailes :

– Hauptbau : section principale (aile nord)

Le bâtiment de prestige, avec salle des fêtes, chapelle et cave. Les tours les plus hautes coiffent ce bâtiment aux murs plus épais.

– Einfahrtsbau (aile sud)

– Küchenbau (aile est)

– Gesindebau (aile ouest)

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Rez-de-chaussée, presque entièrement dédié à l’intendance

– La chapelle ;

– les cuisines et celliers dans l’aile est et dans une partie de l’aile sud ;

– les caves dans l’aile nord ;

– les communs (espaces des domestiques) dans l’aile ouest.

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Premier étage

C’est l’étage noble, notamment constitué :

– d’une grande salle de réception ;

– des appartements de Johann Casimir et de Catharina. Ils disposent chacun de quatre pièces dans l’aile sud, d’où la vue est exceptionnelle.

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Vestiges des fondations

Les fouilles des années 1970

Ici se rejoignent le mur de fondations du bâtiment principal (Hauptbau) et celui – moins épais – du bâtiment des cuisines. 

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Cette fenêtre de fouilles ne montre qu’une partie des fondations mises au jour par Charles Ungerer en 1970, à la suite de ses recherches engagées en 1965. En cherchant à vérifier sur le terrain des informations trouvées dans les archives nationales de Suède, il a l’aubaine de tomber sur des fondations dès 1966, ce qui lui permet de déterminer l’emplacement du château avec précision. 

Les fouilles de 2024

– Un diagnostic archéologique a été réalisé en 2024 et a permis de confirmer la position du château disparu. Les tranchées Est et Ouest ont révélé des fondations du bâtiment principal à l’arrière.
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– Dans la tranchée ouest, les archéologues ont repéré une couche sombre renfermant de nombreux fragments de poterie des XIIIe-XIVe siècles. En dessous, ils ont mis au jour une portion de mur, qui ne peut appartenir qu’au château médiéval (connu sous le nom de Hanenburg dans les archives).

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Catharinenburg

67160 Drachenbronn-Birlenbach

Patrimoine Drachenbronn-Birlenbach
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